17 avril 2008
bizzare bizzare
Très étrange en effet que ce moment de changement pour moi. Enfin me voilà au fond des choses, à l'étape cruciale où je trie mon ancienne vie, où je garde quelques blocs épars que je tente d'intégrer dans ma nouvelle construction. On peut vraiment dire ça oui, une construction. La voilà ma nouvelle vie, ma nouvelle moi. un terrain illimité à bâtir, quelques idées éparses échoués, qui ne savent pas vraiment comment s'assembler. Et puis ces quelques pierres que je ramène de mon ancienne moi. Pas encore dégrossie, un peu décalés avec le reste, sorte de fondation non encore parfaitement définie.
Bizzare bizzare. Me voilà a me regarder en face, à mettre mon nez dans des choses que je me cache depuis si longtemps, que je fuyais parce que ça me faisais trop mal. Dire que j'étais si persuadé de ne rien fuir ! Cruelle désillusion. Remise en doute, base qui s'effondre...
Mais je sais que c'est une bonne chose. Je repart du bon pied comme jamais auparavant, je m'étonne moi même d'être si positive et si solide. Tant mieux. Parce qu'il y a fort à faire, et la situation s'avère délicate. Le cul entre deux chaises, entre le tri de mon ancienne vie et la construction de ma nouvelle. La tension est palpable, m'exaspère. J'ai toujours été très stressée, mais en ce moment c'est la panacée. Cela m'empêche de dormir. Mais je tiens le cap.
Et je trie, encore et encore, cette chambre d'enfant, d'ado plutot, 10 ans de vie à trier, toute ma vie pour moi qui n'ai guère de souvenirs d'avant. Plus que de trier, je 'dégrossis', comme un tailleur de pierre précieuse qui petit à petit enlève le superflu et révèle tout son éclat au joyau. Et j'ai ce satané reflexe de fuir : j'aimerais tout jeter, tout, l'or et l'ivraie ensemble. Mais non, je ne peut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. J'en ai besoin de ce bébé, une maison a besoin de fondation. Alors je dégrossis le joyau, doucement mais surement.
Et puis je tente de construire ma nouvelle moi, je réaménage ma chambre en sentant que je me réorganise aussi de l'intérieur. C'est difficile, presque douloureux. Une sorte d'accouchement au ralentis. Emotionellement à fleur de peau, je m'agace vite, jamais satisfaite. Pas la bonne couleur, le bon emplacement... pas l'idée 'impec qui se pointe comme il faut, juste, parfaite. Non, je suis dans une drôle de mélasse où je m'agite sans trop savoir où me diriger, un brouillard où je ne sais plus bien où je suis et où je vais. Trouver les bonnes matières, les bons outils pour en faire ce que je souhaite, et d'abord qu'est ce que je souhaite ?! Je ne sais plus dans quel sens m'y prendre. Du décopatch oui, mais où ? avec quelles serviettes ? et où les trouver ? Et si je les ai en main, quoi en faire exactement ? Incroyable comment ça peut être compliqué... et agaçant.
Mais surtout je crois, ce qui m'énerve par dessus tout, n'est pas tant la chose en elle même que l'insatisfaction permanente qui m'étreint. Je m'explique. Par mon côté perfectionniste entre autre, je n'arrive pas à me satisfaire de ce que j'arrive à faire -à être. Je ne suis que dans le rêve de ce qui pourrait être, dans l'idéalisation... dans la fuite du présent. Cette satanée fuite que j'ai mis temps de temps à comprendre, fuite que je haï, fuite-mécanisme dont je n'arrive pas à me défaire. Cela me met en colère noire. Pourquoi diable je n'arrive pas à m'en défaire ? Si seulement je savais, je supporterais probablement bien mieux ma situation...
Heureusement j'ai ma mère qui me soutient admirablement, et je garde le moral -étrange sentiment d'ailleurs que d'en être surpris ! Bref, la reconstruction est loin d'être facile, mais je me sent solide comme jamais. Et en principe, ce n'est que le début ^^
bref, voilà mes nouvelles... bisoux à tous ! On peut parfois avoir des clashs mais c'est ça l'amitié, et mine de rien ça me fait un bien fou de savoir que vous êtes là. Merci du fond du coeur.
ps : mardi dernier j'ai perdu ma titite. Une seconde d'inattention et hop, la voilà dans les air, libre comme jamais. Dans un sens, j'ai du m'envoler moi aussi grâce à elle. J'ai été très surprise de voir à quel point j'ai fait vite mon deuil. En 24h c'était finit. Puis deux jours un peu blouzy par moment et voilà. Je sais pas, elle a bien tiré sa révérence. Je garde les merveilleux moments passés avec elle au chaud dans mon coeur, j'ai donc beaucoup de gratitude pour elle. Je n'ai pas a être triste, et je ne le suis pas ^^
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